Améliorer sa sexualité avec l’ostéopathie?

 

Il m’est arrivé à quelques reprises qu’on me sollicite pour me demander si l’ostéopathie pouvait améliorer la sexualité. Bien que d’apparence la sexualité s’avère être une histoire de mécanique, cela est plus complexe que ça. L’ostéopathie pourra améliorer le confort de l’acte mais pas réellement ses causes profondes si je puis m’exprimer ainsi. Nous allons toutefois dans cet article voir qu’elles sont les causes des dysfonctions de l’acte sexuel et quel peut être leurs traitements adaptés.

I Coté Homme

Vous vous plaignez sans doute que votre femme se plaigne de migraines le soir au couché au moment de faire un câlin. Proposer lui de prendre rendez vous alors avec un ostéopathe ( voir l’article sur Les maux de tête) afin d’éventuellement remédier aux problèmes. Si elle refuse peut être que ces migraines cachent quelque chose… Bref cela serait peut être le sujet d’un autre article 😉
Sans plaisanterie, d’un point de vue médical l’homme est un peu plus épargné que la femme sur les désagréments que peut subir sa sexualité. La fameuse pilule bleue a pu résoudre pas mal de soucis. Nous allons voir ici quels sont les facteurs qui peuvent néanmoins gêner l’homme dans sa sexualité.

a) La névralgie du nerf pudendal ( nerf honteux interne)

La névralgie du nerf pudendal peut dans certains cas provoquer une douleur lors du rapport sexuel ou même l’inhiber.
Le nerf pudendal est un nerf mixte ( moteur et sensitif) qui innerve notamment les parties intimes. Il prend sa source au niveau des sacro-iliaques. Hormis une lésion structurelle de ce nerf qui serait la cause de ces désagréments, il se pourrait qu’un blocage mécanique de ces articulations entraînent ces dysfonctions. Si cela est votre cas, peut être que l’ostéopathie peut vous être d’une aide précieuse.

Ce cas est quand même assez rare, et l’absence d’érections chez l’homme à plusieurs autres causes :

b) Facteurs psychologique

Mauvaises expériences, agressions sexuels, trouble de l’identité, manque de confiance en soi, sont les facteurs psychologiques que l’homme peut rencontrer dans sa vie de façon ponctuelle ou perpétuelle.

c) Tabac, alcool , diabète ( effet sur le système vasculaire des corps caverneux)

Tout ces facteurs sont mauvais pour les artères et artérioles ( petites artères) qui au niveau du système génital chez l’homme sont très importantes pour l’érection.

d) Plus rarement hormonal

Un déséquilibre hormonal peut être responsable d’une perte de libido ou d’un trouble de l’érection. Ces troubles hormonaux peuvent avoir plusieurs causes ( tumeurs cérébrales, drogues)

e) Andropause

Équivalent à la ménopause chez la femme, l’andropause est la chute de la testostérone. Plus rare chez l’homme, elle serait responsable de la chute de la libido.

Sachez qu’il existe plusieurs traitements médicaux adaptés à chaque situation. N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant.

II Coté femme

D’une manière générale chez la femme cela est toujours plus compliqué ( excusez moi pour le pléonasme :): je taquine) que chez l’homme. Hormis la frigidité qui est la perte de libido, chez elles, ce sont les douleurs pendant les rapports sexuels qui peuvent être un frein à l’épanouissement de leur sexualité.On parle alors de dyspareunie.

Coté ostéopathie : J’ai de nombreuses anecdotes sur les retours que les femmes peuvent me faire au cabinet. Notamment après les avoir traité pour de simples lombalgies (voir l’article sur Les lombalgies) celles ci me rapportèrent qu’au niveau « câlins » elles pouvaient dorénavant entreprendre plus de choses, qu’elles étaient moins gênées d’un point de vue mécanique. Je n’en demandais pas tant sur les retours des bénéfices de mes interventions mais cela m’a permis de constater qu’en effet l’ostéopathie pouvait améliorer un certain confort « mécanique » lors de l’échange sexuel. Nous verrons un peu plus loin dans l’article qu’une cause mécanique utérine peut provoquer une gêne, une douleur lors des rapports sexuels et auquel cas l’ostéopathie est d’une grande efficacité.

La dyspareunie est donc la gêne ou la douleur ressentit par la femme lors de l’acte sexuel. On peut les retrouver à tout les moments de la vie sexuelle d’une femme de manière constante ou ponctuelle. Nous allons ici voir quelles sont les causes de dyspareunie.

a) Les premières fois : normal

La première fois est souvent douloureuse. Souvent mais ce n’est pas non plus une généralité. Hormis le déchirement de l’hymen, le vagin de la jeune femme, dans les premiers actes sexuels commence à travailler, à s’étirer, à se lubrifier. Le col de l’utérus lui aussi subit ses premiers assauts . Étant maintenu par des ligaments cela peut être gênant ou douloureux mais cela peut être aussi indolore. Laissons alors le temps aux structures de s’adapter et au facteur temps de faire son œuvre.
Mais il se peut que passer cet étape, des douleurs persistent ou apparaissent après quelques mois ou quelques années après la fameuse première fois. Plusieurs causes peuvent être trouvées pour ces dyspareunie.

b) Vaginisme

Le vaginisme est une contraction réflexe involontaire et prolongée des muscles du plancher pelvien qui entourent l’ouverture du vagin et qui empêche de façon persistante toute pénétration vaginale désirée, même par un doigt ou un tampon hygiénique quand le vaginisme est total, il peut être également partiel ou situationnel lorsque la contraction ne se produit que dans certaines tentatives de pénétration (pénétration du pénis notamment). Contrairement à ce que l’on pourrait entendre le vaginisme n’est pas exclusivement psychologique bien qu’en effet cela est rencontré souvent ( agressions sexuels, viols, troubles identité sexuelles etc). En effet, le vaginisme peut être secondaire à une infection bactérienne, mais aussi secondaire à un accouchement, ou à un défaut de lubrification ( Bartholinite), ou dût aux séquelles d’un cancer, ou un hymen peu élastique obstruant l’orifice du vagin.

c)La bartholinite

la bartholinite est la tuméfaction, l’inflammation des glandes de Bartholin se trouvant derrière les grandes lèvres à l’entrée du vagin. Ces glandes participent à la lubrification de la vulve et de l’entrée du vagin. Si celle ci sont inflammées elles peuvent non seulement faire mal mais aussi ne plus lubrifier la vulve et cela est d’autant plus embêtant que cela peut provoquer des lésions vulvaires par défaut de lubrification et donc aggraver la dyspareunie.
Souvent les bactéries et autres mycoplasmes sont en causes. Mais un déséquilibre hormonal peut être aussi la cause de cette inflammation. L’évolution kystique est également possible.
Symptômes : cette tuméfaction est douloureuse, lancinante, rouge, chaude, de développement progressif, spontanément unilatérale, bien visible à l’inspection, responsable d’une déformation unilatérale périnéale. Elle entraîne une douleur à la marche, en position assise. L’infection réalise un véritable abcès de la glande.
Le traitement médical est celui de la cause de la batholinite voir chirurgicale.

d) Lésion vaginale : mycose, herpès

La vulve ou le vagin peut être le siège de lésions mycosiques ou herpétiques. Ces lésions peuvent engendrer des gênes et douleurs lors des rapports.
Un traitement médical peut alors solutionner le problème.

e) Ovaires polykystiques

Certaines femmes peuvent avoir de nombreux kystes aux niveau de leur ovaires ce qui peut engendrer une dyspareunie.
Ces ovaires polykystiques sont fréquents chez les jeunes filles en post puberté : c’est normal, la commande hypophysaire n’est pas encore au point. La plupart du temps, les mamans inquiètes font soigner leur fille et la pilule, qui bloque les ovaires, solutionne transitoirement le problème. Sous pilule, les microkystes disparaissent…et les douleurs aussi. Mais pas toujours pour longtemps.
Le traitement médical est hormonale dans un premier temps pour chercher à réduire ou faire disparaître ces kystes. Si cela est inefficace le traitement chirurgicale s’impose.

f) Endométriose

L’endométriose se caractérise par la présence anormale de fragments d’endomètre soit à l’extérieur de l’utérus(=endométriose externe) soit à l’intérieur de l’utérus ( =endométriose interne) consécutive bien souvent à un avortement, un curetage, et à d’autres facteurs inconnus. L’endomètre correspond aux tissus qui tapissent la cavité utérine. L’endométriose est une maladie gynécologique évolutive qui touche environ 2% des femmes. On peut retrouver une dyspareunie dans les cas d’endométriose.

g) Utérus rétro-versé, rétro-fléchi

D’un point de vue anatomo-physiologique, l’utérus est en ante-fléchi et ante-versé . C’est à dire qu’il repose sur la vessie, en se fléchissant en avant . Dans des cas particulier, les femmes peuvent quant à elle posséder un utérus rétro-versé et rétro-fléchi ce qui veut dire que l’utérus est fléchi en arrière. Ce positionnement, au travers des ligaments ( lame sacro-recto-génito-pubienne) qui maintiennent l’utérus et notamment le col de l’utérus, peut engendrer lors du rapport un étirement douloureux de ces derniers et provoquer une dyspareunie qui, pour cette fois ci, est purement d’origine mécanique.
Le traitement ostéopathique est alors d’une grande efficacité en venant replacer cet utérus dans sa position physiologique.
NB: Cette cause mécanique est selon moi également une des raisons pour lesquelles certaines femmes ne tombent pas enceintes aussi facilement.( Ce sera je pense un sujet d’article à venir).

h) Douleur et gêne après la ménopause

Lors de la ménopause, les tissus des organes sexuels ne sont plus autant conditionnés par les hormones ( œstrogènes et progestérone) ce qui peut être la cause de vaginisme avec perte de lubrification lors des rapports. L’apparition de kystes durant cette période de votre vie peut être aussi la cause de ces dyspareunies. Sachez qu’il existe des traitements médicaux adaptés à cela. Parlez en à votre médecin traitant.

III Conclusion

Bien qu’une affaire en apparence purement mécanique , l’acte sexuel est conditionné par des facteurs psychologiques, hormonales, et structurels. Des facteurs viraux et bactériens peuvent également perturber la vie sexuelle d’un point de vue structurel mais aussi psychologique.
L’ostéopathe peut améliorer un confort mécanique des 2 partenaires et dans un cas de dyspareunie bien spécifique chez la femme d’origine purement mécanique (l’utérus rétro-versé et rétro-fléchi ), il est capable de solutionner le problème mais il est n’est néanmoins inefficace sur les autres facteurs « médicaux ». Il est essentiel de consulter son médecin traitant afin d’envisager des traitements adaptés à votre cas.

Publié dans : Articles, Pathologies chez l'adulte

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